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LES BÊTES

 

 

seules savent les bêtes la saveur de la nuit,

​

quand notre œil s’écarquille

à tenter de voir l’aile endormie,

​

d’entendre les chuchotis de l’herbe.

à la marche nocturne,

les pieds ne résistent plus au sol

et s’enfoncent dans la terre profonde.

​

chaque pas emporte dans la gravité

un peu de notre démarche lente et perdue.

nos yeux appellent les cloisons du jour pour qu’il nous rende quelques heures

à nos certitudes.

 

mais quelles sont-elles

à la levée de l’écrou nocturne ?

brisures de noix,

nids tombés de l’arbre,

vestiges de nos vies éphémères.

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