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Bouteille de vin


Je pensais à une bouteille de vin brisée le jour ultime répandant
son sang mais laissant le poivre de son moût
comme celui des algues brunes à la marée finissante
sur le sable noir
comme la terre du marc de café trainant sur la table sans  jamais y trouver l’affluent qui mènerait à son estuaire
 
estuaire d’une vie, pour lequel furent bâtis maints esquifs chancelants
tentant jour à jour d’aborder non au rivage mais aux horizons
 
quels furent-ils ceux-ci en carte du tendre ou de l’horreur déployés
elle parfois atteinte hélas,
plus souvent recouverts d’une attente insoluble sans boussole ni goélands prescripteurs d’une trajectoire ?
 
Qu’en fut-il de ce cabotage sourd, claudiquant à la lumière des absences et des fuites, mais parfois
d’un pas flamboyant, parfois  d’une démarche hachurée ?
 
Qu’en est-il
en ces jours finissants
quand départ oscille vers arrivée, un dernier horizon devenant seul rivage 

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